On vous l’a répété des milliers de fois: “avoir des enfants, c’est la plus belle chose au monde”. Pourtant… les études scientifiques racontent une toute autre histoire. C’est ce qu’explique Paul Bloom, auteur du livre The Sweet Spot: The Pleasures of Suffering and the Search for Meaning dans le journal américain The Atlantic. Et c’est fascinant.
Dans une première étude, le feu psychologue Daniel Kahneman (Prix Nobel en 2002) a demandé à 900 mères de noter leur bonheur quotidien. Résultat ? Elles préféraient faire les courses ou regarder la télé plutôt que passer du temps avec leurs enfants. Pire : le bonheur du couple reviendrait seulement une fois les enfants partis de la maison, dixit le professeur de Harvard Dan Gilbert. Et sans surprise, les jeunes parents, les parents solos et ceux vivant dans des pays aux politiques familiales limitées (les États-Unis ont le triste record de ce dernier paramètre) sont les plus touchés.
Alors pourquoi tant de parents disent que c’est « la meilleure chose qui leur soit arrivée » ? Parce que selon le psychologue social Roy Baumeister, les parents jugent leur vie davantage pleine de sens, même si elle n’est pas forcément plus heureuse. Un paradoxe que l’écrivaine britannique Zadie Smith dans son essai Joy (2012) résume parfaitement : la parentalité est « un étrange mélange de terreur, de douleur et de délice ». Mic drop.