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Pourquoi les enfants régressent pendant les vacances ? Et pourquoi c’est une bonne nouvelle.

Votre enfant était propre depuis deux ans. Il redemande une tétine, se remet à parler comme un bébé. Il pleure pour des riens, refuse de s'endormir seul, réclame d'être porté... Bienvenue dans la régression des vacances, un phénomène courant, souvent mal compris, et qui mérite que l'on s'y attarde. Voici les clés pour comprendre ce qui se joue et comment y répondre.

Pourquoi les enfants régressent pendant les vacances ? Et pourquoi c’est une bonne nouvelle.

Ce qu’il se passe dans leur tête 

La régression est une réponse normale du cerveau lors d’un changement de routine important. Quand les repères habituels disparaissent, la garderie, l'école, les horaires fixes, les amis réguliers, la chambre à la maison, certains enfants "reculent" temporairement vers des comportements plus anciens, ceux qui leur ont procuré de la sécurité par le passé.

Ce n'est ni un caprice, ni une manipulation, ni un recul définitif. C'est le système nerveux de l'enfant qui cherche un point d'ancrage dans un environnement qui a soudainement changé. Même quand ce changement est joyeux, attendu, désiré, les vacances restent une rupture. Et les cerveaux en construction ne font pas encore la distinction entre le bon et le mauvais stress : ils réagissent au changement.

Ce phénomène touche particulièrement les enfants entre 18 mois et 8 ans, et s'observe lors de toutes les grandes transitions : déménagement, naissance d'un frère ou d'une sœur, rentrée scolaire, séparation parentale. Le début des vacances d'été en fait partie, parfois de façon plus marquée qu'on ne l’a anticipé. 

Un signe de santé, pas d'alerte

Selon les travaux de la psychologue du développement Susan Crockenberg à l’université du Vermont aux Etats-Unis, la régression est en réalité un indicateur de bonne santé émotionnelle. L'enfant qui régresse est celui qui a suffisamment confiance en ses parents pour se permettre de "lâcher" temporairement ses acquis. Il sait qu'il peut faire un pas en arrière sans perdre votre amour ni votre présence. Si votre enfant régresse devant vous, c'est qu'il se sent en sécurité avec vous. 

Combien de temps ça dure ?

Bonne nouvelle : ça passe ! La durée moyenne d'un épisode de régression en début de vacances est d'une à deux semaines. Elle se résorbe naturellement dès que l'enfant a intégré les nouveaux repères estivaux, les horaires de la maison de vacances, les visages qui l'entourent, les rituels qui remplacent ceux de l'année scolaire. Dans certains cas, une deuxième vague peut apparaître à la rentrée, notamment chez les plus jeunes, lorsque les vacances se terminent et que le cycle recommence dans l'autre sens..


En pratique, que faire ?

Ne pas dramatiser, ni punir. La régression n'est pas une manipulation : c'est une communication. Réagir avec sévérité ou avec inquiétude excessive amplifie le phénomène, parce que ça ajoute une couche de stress à un enfant qui en a déjà trop. Nommer ce que l'on observe, sans en faire un événement : "Je vois que tu as besoin d'un câlin, viens" suffit largement.

Maintenir quelques routines simples. Reconstituer le planning de l'année scolaire irait à l'encontre de l'esprit des vacances. Quelques ancrages suffisent à le rassurer : une heure de coucher approximativement stable, des repas pris ensemble, un rituel du soir (même minimaliste, une chanson, une histoire courte, un moment calme). Ces petites régularités, adaptées au rythme des vacances, donnent à l'enfant des points de repère dans un environnement nouveau.

Laisser de l'espace à l'ennui et au temps libre. Le paradoxe des vacances surchargées d'activités : trop stimuler un enfant déjà déstabilisé peut prolonger la régression. Quelques après-midis à ne rien faire de particulier, traîner, jouer librement, s'ennuyer un peu, font partie de la régulation et permet à l’enfant de mieux s’adapter à son nouvel environnement. 

Et après ?

C’est contre-intuitif, mais dans la majorité des cas, une fois la régression passée, l'enfant fait un bond en avant. Les pédopsychiatres parlent parfois de "deux pas en arrière pour mieux sauter". Il a régressé pour mieux s’adapter et au final, il grandit, devient plus autonome et apprend à se connaître.

Les vacances sont aussi un espace de décompression nécessaire pour les enfants, un moment où ils ont le droit de ne pas toujours grandir, faire mieux, être de plus en plus autonomes…  C'est l’occasion, aussi pour eux, d’un vrai temps de repos.

Crédit illustration : Carole Hillman

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